

Ce 3 mars au matin, Le Public a été le théâtre d’une remise des prix aussi groovy [1] que féministe. Chacun-e avait son pronostic, les candidat-e-s ont fait débat mais la décision du jury est souveraine et sans appel ! Le Prix J’en Pince, J’en Pince pas 2009, dont le but est de sensibiliser le grand public aux inégalités liées au sexisme, a consacré deux initiatives qui ont marqué 2008.
J’en Pince 2009 : Missing
Un spectacle du Brocoli Théâtre réalisé et joué par des habitant-e-s de Saint-Josse, dont Meryem Abali Erol et Abdhelhamid Rahali Siha. Mis en scène par Gennaro Pitisci et Medhi Beduin.
Est-il possible aujourd’hui, pour les habitants de nos quartiers les plus fragiles, de se réunir entre hommes et femmes dans le but de faire un spectacle théâtral ? A en croire Hamid et Meryem, seuls rescapés d’un groupe d’une trentaine d’habitants, l’expérience de la mixité tient plutôt de l’utopie. Alors qu’ils voient les rues de leur quartier embellir, Hamid et Meryem rêvent plutôt de rénover les mentalités et tout ce qui se cache derrière ces belles façades. A leur grande surprise, la Commune encourage les habitants et finance même leur projet. Une trentaine d’hommes et de femmes les rejoignent rapidement et, de semaine en semaine, prennent la parole pour améliorer la vie du quartier. Très vite apparaissent des divergences entre hommes et femmes, mais alors que la créativité et l’audace de ces habitants étonnent nos deux animateurs, la pression du quartier se fait de plus en plus grande et la peur du jugement fait fondre le groupe comme neige au soleil…
En remettant le Prix J’en Pince à Missing, le jury souhaite souligner tant la démarche de fond que la qualité de cette pièce de théâtre-action. Sur scène, des comédien-ne-s amateur-e-s mettent l’accent sur les fragilités plutôt que sur les réussites, remettant en question la domination masculine, le mythe de l’égalité-déjà-là et tout ce qui paraît impossible à changer. Le jury espère que ce prix permettra à Missing de bénéficier d’un nouveau coup de projecteur et d’organiser de nouvelles représentations.
Missing succède à Femmes, sciences et technologies (2006) et à L’Essor ASBL, entreprise de formation par le travail (2005).
Prochaines représentations de Missing : le 6 mars à 20h, à l’Abbaye de Forest et le 28 mars à 20h, à l’Espace Toots, à Evere.
Plus d’informations sur Missing : Brocoli théâtre, 6 rue du Canada, 1190 Bruxelles.
Tel : 02/539.36.87. Site internet : www.brocolitheatre.be .
Anne Dessambre, 0496/ 50.43.27
J’en Pince pas 2009 : Electrabel
Pour la publicité « Ensemble pour moins de CO2 », qui a envahi les écrans de télévision et les salles de cinéma, et vise à promouvoir les énergies renouvelables.
Cette publicité met en scène, dans des rôles stéréotypés et sexistes, des petits garçons et, selon les versions, télévision ou cinéma, une ou plusieurs petites filles. Les garçons représentent des ouvriers, ingénieurs dans les métiers de la construction (construction d’éoliennes, installation de panneaux solaires…), alors que la seule petite fille, dans la version télévisée, apporte quelques tartines et verres de lait aux travailleurs.
Par ce Prix, nous voulons dénoncer le projet de société que nous dessine Electrabel. Un projet de société qui prône les énergies renouvelables, un projet de société qui appelle tout le monde à se responsabiliser dés maintenant en matière de développement durable mais un projet de société dans lequel ce sont encore les femmes/filles qui apportent les tartines aux hommes/garçons. Cette publicité fait donc la part belle aux stéréotypes sexistes, en plaçant les petites filles et garçons dans des rôles enfermant : vous les filles, enfin la fille parce que toi toute seule tu représentes suffisamment ce que la société patriarcale attend de toi : prépare les repas avec tes petits doigts délicats, et vous les mecs, prenez tous vos outils, y a du boulot qui attend et faut des gros bras. Electrabel, l’opérateur historique, par l’énorme diffusion télévisée de sa campagne, veut nous vendre de l’énergie dite propre et… sexiste.
Si l’utilisation d’enfants a pour effet marketing d’attendrir le grand public, nous tenons à dire à Electrabel que la coloration sexuée des activités n’a pas pour effet d’enchanter le monde. Elle a pour objectif d’indiquer ce que tout individu, en fonction de son sexe, devrait plutôt accomplir. Si chacun-e a un sexe, il ne devient du même genre qu’à force d’un long travail permanent, qu’à force de la permanence de la division sexuelle du travail. Et c’est pleinement ce que nous donne à voir la campagne de pub d’Electrabel.
Electrabel succède à Ginette et la pécéphobie (2006) et Femmes de Cristal (2005).
Publicité visible sur :
http://www.youtube.com/watch ?v=schw94Yc0sc&feature=related
Ce matin, Hafida Bachir, présidente de Vie Féminine, a remis le Prix J’en Pince à toute l’équipe de Missing, venue chercher la récompense avec beaucoup d’enthousiasme. Jean-Pierre Hansen, administrateur délégué d’Electrabel, s’était également déplacé pour recevoir le prix J’en Pince pas.
Vous trouverez, en pièce jointe, le calendrier de nos activités organisées autour du 8 mars, Journée internationale des femmes.
Pour toute information complémentaire :
• Anabelle Delonnette, coordinatrice nationale
02/ 227.13.03
coordinatrice-nationale-ad@viefeminine.be
• Laurence Stevelinck, chargée de communication
02/227.13.28
communication@viefeminine.be
• Pour la fanfare Morning Glory : Gaspard Gierse,
gaspardjrc@hotmail.com
[1] Grâce à la fanfare Morning Glory