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Accueil > Positions > Analyses > 2017 > Le féminisme interloqué : Pistes pour un agir féministe et antiraciste

Par Nadine Plateau, militante féministe engagée dans différents collectifs, dans le cadre de la Semaine d’étude de Vie Féminine

Je vais vous inviter à passer trois moments du féminisme (des années 70 à aujourd’hui via les années 2000) en compagnie de Françoise Collin, une grande féministe de chez nous, connue internationalement, à laquelle je voudrais rendre hommage aujourd’hui.

Le premier moment couvre les années 70, c’est la vague néo-féministe, un mouvement qui s’inventait, qui n’avait pas de modèle ou refusait les modèles existants. Il avait pour objectif de changer non pas les lois mais la vie des femmes. Je l’ai intitulé le dialogue pluriel, terme que Françoise Collin a repris d’ailleurs à Hannah Arendt et qu’elle emploie pour désigner le nouveau rapport qui s’établit entre femmes lors de cette nouvelle vague féministe.

La deuxième partie reprend les années 2000 qui enregistrent la contestation du féminisme des années 70 tel qu’il s’est institutionnalisé et est devenu majoritaire. J’ai utilisé le mot interloqué pour qualifier ce qui arrive à ce féminisme à la fois au sens habituel de « surpris » ou « décontenancé » mais aussi au sens où Françoise Collin y voit une condition de la rencontre de l’autre, des autres.

Enfin, je conclurai en vous proposant quelques exemples d’interventions féministes dans le contexte actuel, de ce que Françoise Collin appelle agir. Un agir transformateur pour rappeler que l’enjeu du féminisme consiste à changer les choses : les rapports sociaux et économiques inégaux entre les femmes et les hommes comme aussi les représentations qui structurent notre imaginaire.