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22 février 2012 - Vie Féminine continue a s’indigner contre les mesures d’austérité du gouvernement.

Vie Féminine continue a s’indigner contre les mesures d’austérité du gouvernement.


Le Gouvernement nous a concocté un programme d’austérité aveugle qui touche les plus pauvres d’entre nous et qui aura un impact énorme sur les femmes avec l’argument ressassé à longueur de journée selon lequel « on n’a pas le choix » ! Comme si la crise était un phénomène naturel n’engageant aucune responsabilité humaine et encore moins politique... On nous fait croire que c’est en fait de notre faute si la crise est là et qu’on en est tous et toutes responsables. Mais par contre, lorsqu’il s’agit d’en sortir, les solutions sont moins collectives et protègent les plus riches...
Au lieu de ce discours sur le "non choix", le Gouvernement aurait dû proposer aux citoyen-ne-s une explication honnête et argumentée sur les causes de la crise ainsi que des pistes plus solidaires pour en sortir. Malheureusement, ce n’est pas l’option qu’il a choisie !

Autre slogan à la mode : « tout le monde doit se serrer la ceinture ». Injonction fausse puisqu’on sait pertinemment que tout le monde ne vit la même situation. Quand au nom de la crise, le gouvernement force les chômeuses cohabitantes ou les jeunes en stage d’attente à se serrer la ceinture, il sait très bien que l’impact ne sera pas le même que s’il demandait aux multinationales (comme Arcelor Mittal) ou aux millionnaires (comme Albert Frère) de se serrer la ceinture. De même, lorsque le gouvernement décide de durcir les conditions d’accès à la prépension, il sait très bien que les femmes en pâtiront encore plus que les hommes pour la simple raison qu’elles sont déjà dans une situation de précarité. Les femmes ne découvrent malheureusement pas la crise aujourd’hui ! Leurs petites carrières, leurs retraits du marché de travail, la prise en charge des enfants par manque de places d’accueil, tout cela les empêche déjà de bénéficier d’une prépension ou d’une pension correcte.
Par les responsabilités qu’elles assument, les femmes sont donc déjà précarisées et cela bien avant la crise. Mais malgré cela, les injonctions d’austérité s’adressent également à elles !

La crise permet aussi l’anesthésie totale des revendications féministes. Comme tout le monde commence à le savoir, l’égalité entre les hommes et les femmes n’est toujours pas acquise dans nos contrées modernes. C’est pourquoi, en tant qu’organisation féministe, nous avons des revendications pour arriver un jour à une société égalitaire, solidaire et juste : les droits propres en sécurité sociale, le droit de toucher sa pension alimentaire, le droit à une pension correcte, le droit de vivre dans un environnement sans violence, le droit pour chaque enfant qui naît d’avoir une place d’accueil de qualité, le droit à un emploi de qualité, etc.
On sait que pour rendre ces droits effectifs, il faut des engagements politiques fermes et des moyens financiers suffisants. Mais dans ce contexte de crise, qui osera encore monter au créneau pour exiger des mesures qui vont coûter à la collectivité alors que, nous dit-on, « tout le monde doit se serrer la ceinture » ? Pointées du doigt, culpabilisées, priées de rester raisonnables, nous sommes invitées à nous taire au nom du respect des deniers publics !

En conclusion, la crise ne nous laisse pas le choix, elle nous oblige à nous serrer la ceinture et surtout à ne plus rien revendiquer ! En tant que féministes, nous ne pouvons accepter cette fatalité et ce chantage. C’est même contraire à nos valeurs et aux engagements que nous avons pris lors du Congrès de Vie Féminine du 29 mai 2010 : exiger les conditions d’une société égalitaire, solidaire et juste. Nous avons toutes les cartes en main pour que le 8 mars 2012 soit un jour de mobilisation et de revendications. À cette occasion et partout, redisons que nous ne sommes pas d’accord avec les mesures d’austérité qui touchent les femmes, que nous n’acceptons pas le détricotage de nos droits et que nous avons encore mille revendications pour arriver à l’égalité !

Hafida Bachir, Présidente de Vie Féminine
02/ 227.13.01
presidente-nationale@viefeminine.be