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Vie Féminine a rejoint la plate-forme pour le relèvement des allocations sociales au-dessus du seuil de pauvreté et la suppression de la discrimination vis-à -vis des cohabitant-e-s.

« Mener une vie conforme à la dignité humaine ».
Ce droit, et donc les droits sociaux qui en découlent, est inscrit dans notre Constitution, pour toutes et tous (art. 23).

Mais comment mener une vie conforme à la dignité humaine quand les montants de la plupart des minima sociaux (tant au niveau de l’assistance que de l’assurance sociales) sont ridiculement bas ? Quand ces derniers se situent bien en dessous du seuil de pauvreté qui constitue aujourd’hui un indicateur reconnu par l’État [1]. et parlant dans un pays riche comme la Belgique ?

Dans le cadre du RIS (Revenu d’Intégration Sociale), qui tient le rôle de dernier filet social, comment garantir ce droit de toutes et tous quand plusieurs personnes se trouvent encore davantage écartées de par leur statut marital ou par le simple fait de vivre sous le même toit que d’autres ? Comment garantir ce droit en considérant cette catégorie « cohabitant » qui, en plus de réduire d’un tiers un revenu d’intégration sociale déjà insuffisant, vient freiner les logiques de solidarité ? Pensons par exemple aux personnes susceptibles d’opter pour l’une ou l’autre forme de co-habitat (ex. : collocation) afin de collectiviser et d’amoindrir certaines charges fixes telles que le loyer. Pensons encore aux personnes isolées souhaitant habiter avec leur enfant adulte ou aux familles monoparentales dont l’enfant jusqu’ici « à charge » atteint la majorité.

Dans le cadre de l’assurance sociale, du fait de l’existence d’un taux cohabitant-e, de nombreuses femmes (puisqu’elles constituent la grande majorité des cohabitant-e-s [2]) voient ainsi leurs droits purement et simplement bafoués. Non qu’elles n’aient pas suivi les principes du système de la sécurité sociale (elles ont cotisé dans une égale mesure) mais uniquement parce qu’elles se trouvent en couple ! L’existence du statut de cohabitant-e au sein de la sécurité sociale constitue une injustice flagrante qu’il convient de supprimer.

Plus largement, au-delà du statut de cohabitant-e, c’est le chantier de l’individualisation des droits sociaux qu’il faut mener. Vie Féminine rappelle sa position pour une individualisation des droits en sécurité sociale tenant compte des situations de précarité des femmes, afin de ne pas en laisser à nouveau certaines sur le bas côté [3]. La suppression du statut de cohabitant-e peut être un premier pas dans cette direction.

Bien sûr, la réflexion porte ici sur les allocations sociales mais elle ne doit pas faire perdre de vue l’importance de permettre l’insertion de toutes et tous dans des emplois de qualité accompagnés de statuts corrects [4] , l’emploi demeurant dans notre société la première garantie d’autonomie et de protection contre la précarité. Mais quand l’emploi fait défaut ou que les parcours de vie s’en écartent, le droit de chacune et chacun à mener une vie conforme à la dignité humaine doit être assuré. Il devrait s’agir là d’un des acquis sociaux les plus importants de notre société.

C’est pourquoi Vie Féminine rejoint la plate-forme pour le relèvement des allocations sociales au-dessus du seuil de pauvreté et la suppression de la discrimination vis-à -vis des cohabitant-e-s.

Pour plus d’informations sur cette plate-forme et/ou pour la rejoindre : http://www.releverlesallocationssociales.be/

notes :

[1Même si la valeur objective de cette donnée statistique peut être discutée

[2En 2008, 112.378 cohabitantes pour 70.631 cohabitants (données ONEm)

[3Cf. analyse de Vie Féminine Individualisation des droits en sécurité sociale : tenir compte de la précarité des femmes !, disponible à http://viefeminine.be/spip.php?article1121.

[4Cf. analyse de Vie Féminine Quels critères pour un emploi de qualité ? disponible à http://viefeminine.be/spip.php?article643.