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La précarité

La question du logement revêt une importance particulière pour les femmes vivant dans la précarité : la pénurie de logements, leur coût, leur qualité (état de salubrité), et leur taille en fonction des modifications des noyaux familiaux (jeunes, isolé-e-s, familles monoparentales ou recomposées, vieillissement de la population, modification des solidarités et entraides traditionnelles, etc.).

 

L’accès aux logements sociaux est rendu difficile par le manque de places, tandis que, dans le privé, les propriétaires augmentent exagérément le loyer. Celui-ci est épinglé par les femmes comme un des principaux facteurs de précarité. Certains groupes sont plus touchés par cette problématique : les mères monoparentales, les aînées, les femmes à mobilité réduite, et les étrangères.

Or, d’après l’article 23 de la Constitution belge [1] : « Chacun a le droit de mener une vie conforme à la dignité humaine. (…) Ces droits comprennent notamment : (…) le droit à un logement décent (…) ». Mais malgré les politiques publiques en la matière, le droit au logement reste lettre morte sur notre territoire. De plus, certaines de ces politiques ne répondent pas aux besoins exprimés par les femmes. Par exemple, les règles en vigueur dans le logement social pénalisent certaines femmes en leur imposant la taille de leur logement en fonction du nombre d’enfants mais sans prendre en compte d’autres facteurs, comme l’impact sur le revenu disponible, la situation, etc.

Plus largement, c’est le droit de toutes les femmes à vivre dignement qui n’est toujours pas garanti, alors que nous vivons dans un des pays les plus riches du monde. Or il est communément admis par les défenseurs des droits humains qu’une personne qui ne peut pas vivre dans la dignité, qui n’a pas accès à ses droits sociaux, se retrouve souvent, de fait, dans l’impossibilité d’exercer pleinement ses droits civils et politiques. En effet, être précaire, c’est vivre dans un état d’incertitude permanent, dans l’angoisse et la peur du lendemain. Quel espace reste-t-il alors pour résister à la pensée dominante, pour imaginer le vivre ensemble, pour créer des solidarités, pour rêver à demain ? Aucune lutte pour les droits ne peut donc négliger ces situations inacceptables de pauvreté matérielle, mais aussi sociale et culturelle, qui touchent aujourd’hui de nombreuses personnes dont une majorité de femmes et d’enfants.

Quelques chiffres :
  • En Wallonie, 50% des mères seules avec enfants sont locataires, alors que pour les couples avec enfants, ce chiffre est de 20%. C’est également parmi les mères seules avec enfants qu’on trouve la proportion la plus grande – 65% – de personnes qui déclarent des difficultés financières face au coût du logement. [2]
  • Presque 20% des locataires vivent dans des logements considérés comme insalubres et 11% des ménages monoparentaux estiment que leur logement est source d’un problème de santé. Une femme seule avec enfants sur deux (contre 1/3 des autres types de ménage) vit dans un logement jugé moyen à très mauvais selon un indice de qualité plus large que la salubrité (environnement, etc.). [3]
  • Le taux de risque de pauvreté des femmes atteint 15,6% en Belgique (contre 13,7 pour les hommes) et même 17,8% en Wallonie (hommes : 16,2%). Il grimpe à 26% pour les femmes de plus de 65 ans et à presque 40% pour les ménages monoparentaux avec enfants dépendants. [4]
  • Les femmes restent significativement moins impliquées dans des activités de bénévolat que les hommes (24% contre 29,5%). « La plus faible participation des femmes à la vie associative et aux activités de bénévolat est cependant à mettre en relation avec la question de l’emploi du temps des femmes et, en particulier, avec l’inégale répartition des tâches domestiques et familiales au sein du couple, laissant dès lors moins de temps, à ces dernières, pour des activités sociales, citoyennes ou de loisirs. [5] »

[2Les facteurs de précarité. Photographie statistiques de la situation des femmes et des hommes en Wallonie, Namur : IWEPS, 2008, p. 73 et suiv.

[3Idem, p. 83 et suiv.

[4Idem, p. 60.

[5Idem, p. 117.

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