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La santé

Le droit à la santé n’est pas toujours une réalité pour les femmes. Aujourd’hui encore, les logiques sexistes qui imprègnent notre société attribuent aux femmes la plus grande part du soin aux autres : soin aux enfants –en particulier les plus jeunes-, aux malades, aux personnes âgées ou handicapées. Ces logiques amènent également les femmes dans des situations qui ne permettent pas une autonomie financière (retrait du marché du travail, emplois précaires, etc.). Ces deux raisons, sans compter d’autres facteurs, rendent plus difficile l’accès à une bonne santé pour les femmes qui ont tendance à faire passer la santé des autres (enfants, personne dépendante…) avant la leur ou qui n’ont pas les moyens financiers de « s’offrir » des soins pourtant nécessaires.

 

Pour que le droit à la santé devienne une réalité pour les femmes, il faut certainement améliorer l’accès financier aux soins, mais aussi lever d’autres freins qui empêchent les femmes de prendre soin d’elles : manque de temps, culpabilité, incompréhension face au monde médical ou attitudes irrespectueuses de celui-ci face à leurs choix, etc. Tant que la santé sera considérée uniquement comme une affaire « de biologie » laissée aux mains des spécialistes, les femmes seront renvoyées à leur « nature » (hormones, psychisme, etc.) et ne seront pas entendues sur leurs réels besoins en matière de santé.
Enfin, les femmes ont dû se battre – et se battent encore – pour que soit reconnu un de leurs droits les plus « sensibles » : le droit de pouvoir choisir librement si elles veulent ou pas porter un enfant et donc le droit à l’interruption volontaire de grossesse. Directement lié à leur corps, ce droit est souvent rattaché au champ de la santé et de la médecine. Mais en réalité, un grand nombre d’obstacles à ce droit sont d’autres natures : financiers (manque de moyens), sociaux (méconnaissance des droits et des services existants) ou juridiques (femmes sans papiers, sans mutuelle, etc.). De plus, les offensives contre le droit des femmes à disposer librement de leur corps se sont multipliées ces dernières années, venant des milieux conservateurs ou des masculinistes. Un droit n’est pas acquis pour toujours et nous ne pouvons pas relâcher notre vigilance.

Quelques chiffres :
  • En 2008, les femmes déclaraient deux fois plus souvent souffrir de problèmes psychiques que les hommes. [1]
  • "Les coûts moyens liés à la santé constituent un autre indicateur en matière de santé. En moyenne, les dépenses de l’Institut national d’assurance maladie-invalidité (INAMI) pour les soins de santé s’étalant sur un an s’élèvent à 441,4 euros de plus pour les femmes que pour les hommes. Ce chiffre est naturellement lié au fait que les femmes vivent plus longtemps que les hommes et au fait qu’elles ont généralement des problèmes de santé durant ces années « supplémentaires »." [2]
  • En 2009, 18.870 avortements ont été déclarés. Bien qu’en nombre absolu, la majeure partie (70%) de ces avortements touchent les femmes âgées de 20 à 35 ans, ce sont aussi les années de vie où le taux d’avortement (nombre d’avortements pour 100 grossesses) est le plus faible. Il est plus élevé pour les catégories d’âge « extrêmes », les jeunes filles de 10 à 19 ans (plus d’une grossesse sur deux) et les femmes de plus de 40 ans (environ une grossesse sur trois). [3]

[1Source : ISP, Enquête de Santé Belgique 2008 : Lydia Gisle, Santé mentale.

[2Femmes et Hommes en Belgique. Statistiques et indicateurs de genre 2011, Bruxelles : Institut pour l’Egalité des Femmes et des Hommes, p. 175.

[3Femmes et Hommes en Belgique. Statistiques et indicateurs de genre 2011, Bruxelles : Institut pour l’Egalité des Femmes et des Hommes, p. 240.

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