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L’autonomie économique

Dans notre société, l’autonomie financière passe en priorité par l’emploi, d’où l’importance de garantir aux femmes le droit d’accéder à une profession de leur choix, dans des conditions de travail et de revenus équitables et satisfaisantes. Mais aujourd’hui encore, cela ne va pas de soi : orientation stéréotypée dans les études et l’insertion socioprofessionnelle, discriminations à l’embauche, inadaptation du marché de l’emploi par rapport aux responsabilités familiales, déqualification, contraintes au sous-emploi (temps partiel) et à l’emploi atypique (horaires coupés, CDD…), inégalités salariales, etc.

 

En outre, dérogations au droit du travail et sous-statuts sont fréquents dans les secteurs et emplois plus féminisés (accueillantes d’enfants, domestiques, titres-services, femmes de chambre, temps partiel imposé…). Sans parler des femmes sans papiers ou en attente de statut en Belgique, écartées du marché de l’emploi classique pour être exploitées sur des marchés parallèles.

Le droit à un niveau de vie suffisant et à la protection sociale, pourtant attesté par la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, est donc loin d’être garanti pour de nombreuses femmes, que ce soit dans le cadre de l’emploi ou d’autres dispositifs comme la sécurité ou l’aide sociales. Les femmes bénéficient toujours de droits sociaux réduits, à cause de leur carrière discontinue (ex. pensions) ou à cause de leur statut (ex. cohabitante au chômage). De plus, dans le contexte actuel d’austérité, les droits à la sécurité sociale et à l’intégration sociale sont de plus en plus restreints et les conditions d’accès à ces droits ne cessent de se durcir. Les stéréotypes les plus péjoratifs sur les « profiteurs du système » refont surface. Pourtant, les femmes sont spécifiquement et massivement touchées par la précarité. Et pour nombre d’entre elles, les aides sociales sont le dernier recours pour leur éviter, ainsi qu’à leurs enfants, de basculer dans la pauvreté.

Quelques chiffres :
  • En 2008, l’écart salarial moyen entre hommes et femmes, tous secteurs confondus, atteint 10% sur base du salaire horaire et 23% sur base des revenus annuels. [1]
  • Si le taux d’emploi des femmes a continué d’augmenter ces 20 dernières années, il est toujours inférieur à celui des hommes, mais surtout une grande partie de cet emploi se fait à temps partiel, soit 44% des travailleuses (contre 9% des travailleurs), avec un temps moyen de travail de 24h/semaine. Les femmes sont également surreprésentées dans les contrats plus précaires ou les statuts spéciaux (ex. contrat à durée déterminée, titres-services…). [2]
  • L’écart moyen de pension est lui aussi de 23% tous régimes confondus, avec une pension moyenne pour les femmes employées de 922€ en 2011 [3]. Mais ce chiffre inclut les pensions de survie (soit des pensions en moyenne plus hautes puisque calculées sur le salaire du mari décédé). Presque 60% des femmes ont une pension inférieure à 1000€ pour 32% des hommes.
  • En 2010, 57% des bénéficiaires du revenu d’intégration sociale étaient des femmes et quasiment 40% d’entre elles étaient isolées avec au moins un enfant à charge. [4] Cet écart est encore plus prononcé chez les 20-24 ans et pour les femmes de plus de 55 ans.
  • Le degré de dépendance financière (soit la proportion de personnes dépendant du revenu de leur partenaire ou d’autres membres de la famille pour ne pas sombrer dans la pauvreté) s’élève à 36% pour les femmes, contre 11% pour les hommes. [5]

[1Sources : Bureau fédéral du Plan et DGSIE, Enquête sur la structure et la répartition des salaires.

[2Femmes et Hommes en Belgique. Statistiques et indicateurs de genre 2011, Bruxelles : Institut pour l’Égalité des Femmes et des Hommes, p. 132.

[3Idem, p. 68-70.

[4Idem, p. 76-78.

[5Idem, p. 84.

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